Sur la route de Gandolfo de Robert Ludlum

Un roman d’aventures dans le style "nonsense"

Sur la route de Gandolfo

Le mardi 6 avril 2004 par Sheherazade

Le général MacKenzie Hawkins est une espèce de John Wayne à la 4ème puissance : héros de la bataille des Ardennes, forte tête, fort en gueule, raciste, plus chauviniste que l’actuel président des USA, aimé de ses hommes mais mettant ses supérieurs mal à l’aise. Il est doté de quatre ex-épouses qui l’adorent et qui sont prêtes à tout pour l’aider. Et de l’aide il va en avoir besoin, car il s’est mis le Pentagone ET la Maison-Blanche ET le gouvernement de la République Populaire de Chine à dos.

On lui envoie le jeune lieutenant, avocat de l’armée, Sam Devereaux afin de négocier une possible solution avec les Chinois. Devereaux décompte les jours qui le séparent de la démobilisation et n’est absolument pas heureux de ce cas qu’on lui confie.

Le général ne se tire pas trop mal du guêpier où il s’est fourré mais il a décidé de se venger de l’armée qui l’a traité avec autant de désinvolture, comme un bête pion sur l’échiquier de la diplomatie. (Nous sommes à l’époque où les Etats-Unis tentent une ouverture vers la Chine.)

Hawkins entraîne le jeune Sam et ses quatre ex-épouses dans cette nouvelle galère. Son plan : enlever le pape Francesco et exiger une rançon phénoménale. Il paraît que son plan est infaillible... oui mais, les meilleurs plans ont toujours leur faiblesse.

Robert Ludlum qui fut Marine avant d’être écrivain, après avoir tenté d’être acteur, a écrit ici un roman d’aventures qui se veut dans le style "nonsense" - une espèce de comédie loufoque. L’auteur est cependant plus doué dans les romans d’aventure ou d’espionnage sérieux. Ici il en fait trop, surtout quant à l’image du général. Celui-ci est vraiment beaucoup trop caricatural : grossier, raciste ... trop c’est trop ! Le seul qui fasse un peu sourire, c’est le jeune Sam entraîné malgré lui dans une aventure dont il se serait bien passé. Et il n’y a pas que le général qui soit caricatural : les ex-épouses et le pape n’échappent pas non plus aux clichés.

J’achète rarement un livre en me basant sur le résumé de couverture, ici j’ai fait une exception - mal m’en a pris -car on nous promettait un "coup de théâtre final" ! Que j’avais deviné à la moitié du roman, c’est pourquoi je ne l’ai lu qu’en diagonale pour me prouver que j’avais raison.

Et je ne vous parle même pas du style souvent vulgaire. Ludlum a écrit d’autres livres avec bien plus de profondeur dans les personnages ; celui-ci était peut être une récréation pour lui, mais ce n’est guère une réussite. Pourtant le prologue au roman était amusant, dommage que le reste n’ait pas été à l’avenant.


  • > Sur la route de Gandolfo  10 janvier 2005, par Dadoo
    Tout à fait d’accord avec ton commentaire Bastet, je l’ai lu aussi et j’aurais mieux fait de relire ton avis et de m’abstenir... à oublier... (c’est déjà presque le cas !)
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