Le périple de Baldassare de Amin Maalouf

Le périple de Baldassare

Le vendredi 11 avril 2003 par Moebius

Il fait bon vivre à Gibelet, petite commune de l’empire ottoman. Baldassare, modeste négociant en antiquités, le sait. Ses affaires ont la vie belle et il jouit d’une excellente réputation dans la région. Sa sœur et ses neveux, ses voisins, tous respectent ce bon marchand génois dont la famille s’est exilée voici quelques années au proche orient pour y faire du commerce. Seulement voilà, nous sommes en 1665. La veille de l’apocalypse dit la rumeur. L’année prochaine sera l’année maudite, « l’année de la bête », celle du jugement dernier. Et Baldassare pourtant peu supersitieux finit par se laisser intriguer par tous ces bruits qui courent et qu’il entend répandre par les voyageurs...

Voilà un très bon livre signé de la main de l’ancien Goncourt, Amin Maalouf.

Ecrit comme le journal intime de son principal protagoniste, il nous offre une approche très juste de la psychologie humaine, et, tout comme Baldassare, l’on se perd rapidement en conjonctures sur les signes annonciateurs de la fin des temps. Impuissant à comprendre ou à affronter les événements qu’à mis sur notre chemin la Destinée, on se laisse nous aussi emporter dans le grand et beau voyage de Baldassare vers la Vérité.

Vivant et plein de rebondissements, c’est un livre à lire, assurément !


  • > Le périple de Baldassare  2 décembre 2004, par Yasmin

    Le périple de Baldassare est de ces livres qui nous font réfléchir sur les mystères des actes humains. La superstition en Orient a toujours été forte, elle represente une des plus belles facettes de ce monde aux milles parfums. Amin Maalouf s’emploie a faire rimer Superstition avec curiosité a travers l’épopée de Baldassare.

    Découvrire ce qui nous dépasse fatalement n’est-elle pas la volanté de chacun ?

    Un livre qui donne aux lecteurs la curiosité de ses personnages.

    Quelque part, on ne peut s’empecher de vouloir connaître ce centiéme nom.


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    • > Le périple de Baldassare 27 juin 2008
      Le périple de Baldassare est une promenade philosophique à travers un lointain passé qui, au grand regret de l’Histoire, est tombé dans la désuétude. Amine Maalouf, et j’espère qu’en cela vous serez de mon avis, aurait dénoncé le rôle de la superstition dans l’Histoire. En cela je pense que si les hommes, dans la crainte d’un avenir incertain, firent systématiquement tout ce qui pouvait leur être salutaire ; la superstition fut de tout temps à l’origine d’une folie que la peur nourrissait. La peur est une candeur, elle manipule les hommes pour leur faire croire qu’elle est une fatalité immédiate ; la peur fille de la haine conspire contre ceux qui voient d’un orbe sage et avisé, tel Baldassare. Quand la foi n’est que rancune heureux ceux qui doutent ; le doute de Baldassare lui fit faire une circumnavigation périlleuse, un doute abyssal qui sortit de la peur. La superstition s’estompe devant la sagesse et l’esprit éclairé. En lui y ajoutant la peur, la superstition se révèle et gagne les esprits les plus sceptiques. Baldassare ne pouvait, seul et face aux augures qui manifestent l’année fatidique, rendre sur le chemin la raison et le doute.
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